Le Carnet
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Founder Memo

La santé entre dans une ère où nous pouvons dissocier le capital investi de la réussite d’un projet : un acteur seul, bien outillé, peut désormais construire ce qui demandait hier une équipe entière et des levées de fonds conséquentes.

Il ne me semble pas de secteur plus louable que celui du healthcare pour innover et entreprendre. C’est un secteur, comme bien d’autres, qui sera profondément révolutionné par l’IA, mais qui restera, pour encore longtemps, porté par des humains pour l’exécuter.

Ainsi, je pense que l’approche agentic doit être au cœur d’une nouvelle génération de logiciel healthcare, à toutes les strates de fonctionnement :

Médicale et paramédicale

  • Dossier patient informatisé
  • Suivi réglementaire
  • Analyse de données
  • Prescriptions
  • Rédaction
  • Extraction
  • Valorisation
  • Recherche

Hospitalier et extra-hospitalier

  • Planification et temps médical
  • Gestion des lits et des flux patients
  • Coordination ville-hôpital
  • Ressources et logistique
  • Pilotage de l’activité et de la donnée

Karukera est une société que je possède pour le moment à titre individuel et dans son entièreté, et sera le socle de construction d’un écosystème centré sur le software agentic, AI-first en santé.

L’IA, les LLM, le coding agentic, et l’assistance humaine par IA sont au centre du développement de cet outil, dont le but est d’utiliser les process SOTA en termes de structuration et de développement, pour maximiser la performance, le coût, la relation à l’utilisateur, et in fine, la fonctionnalité des produits qui y seront développés.

SuperPagr — dont le nom est amené à évoluer, tant il est imprononçable — est la première étape de ce chemin, démontrant la performance d’un seul humain, aidé de ces technologies, sur un problème métier très précis qu’est la planification médicale de la permanence des soins, comprenant des difficultés d’expérience utilisateurs, d’algorithmie, de mise en cohérence des données, dans un environnement en retard technologique permanent.

Le marché du logiciel hospitalier français connaît déjà des suites qui tentent de tout couvrir — Maincare, Softway Medical, Dedalus en tête — mais aucune ne porte l’esprit qui a fait le succès d’un Odoo : modularité réelle, prix transparents, déploiement rapide, écosystème ouvert à qui veut construire par-dessus. Cet espace est vacant, et il l’est pour des raisons précises, pas par hasard : certification HDS, standards d’interopérabilité (HL7, FHIR), responsabilité médicale, cycles d’achat public longs, fragmentation réglementaire. Ce sont ces mêmes contraintes qui rendent le problème difficile à résoudre — et donc, une fois résolu correctement, difficile à recopier.

OpenStats, qui s’attaque à l’analyse statistique des thèses médicales, est la deuxième démonstration de cette même méthode : un problème métier précis et douloureux, mal servi par le logiciel existant, résolu par un humain seul appuyé sur l’IA agentic. SuperPagr et OpenStats ne sont pas deux paris isolés : ce sont les deux premières briques d’une même approche, répétable, du marché de la santé.

Imaginons un écosystème où le DPI et le logiciel métier rattaché à ce dernier peuvent nous répondre, dresser les chimiogrammes en temps réel, nous proposer des abords thérapeutiques inédits, communiquer au patient de façon vulgarisée son dernier compte rendu, ou récolter et inclure automatiquement les résultats de biologie dans le dossier.

Imaginons un format de données médicales, pensé AI-first, compatible avec n’importe quel outil, permettant au médecin généraliste de questionner le dernier traitement du spécialiste, au laboratoire de recherche de demander l’extraction et l’analyse des données à un patient, à un infirmier de connaître les directives médicales, et surtout à un LLM de se retrouver au sein d’une des données les plus importantes pour un être humain.

Imaginons des logiciels dont la portée est évidemment individuelle, mais aussi collective : un standard que nous construisons et que nous maintenons, mais ouvert à l’usage de tous — à la manière de Stripe, propriétaire dans sa gouvernance mais devenu, par la qualité de son expérience et son adoption, l’interface de facto d’un secteur entier — et une tuyauterie éprouvée et sécurisée pour les agents, permettant à chacun de venir développer l’outil dont il a besoin, les données et standards SOTA étant respectés et maintenus.

Karukera est le nom de la Guadeloupe, terre française dans laquelle les idées peuvent naître, mais souvent au sein d’un chaos permanent. L’approche de Seijaku, calme dans la tempête, représente notre désir de faire prospérer un calme soudain et apaisant au sein d’un système qui prend soin, même au cœur de la souffrance, et de faciliter, enfin, la transition vers le nouveau monde.

Ce n’est que le début.